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29/11/2011 : Le véhicule électrique, va-t-il faire évoluer la mobilité ?

Le véhicule électrique, va-t-il faire évoluer la mobilité ?

Irina Khodossova, directrice Achats et Innovation chez Solstyce, nous propose un avis d’expert sur le rôle joué par les véhicules électriques dans l’évolution de notre rapport à la mobilité.

Irina Khodossova

directrice Achats et Innovation chez Solstyce.
Diplômée de l’ESSEC Business School en Droit des Affaires Internationales et Management, et de l’UNSA en Gestion des Entreprises.

Le véhicule électrique, est-ce un effet de mode surfant sur la vague des enjeux du développement durable, ou la clé de voûte de la mobilité de demain ?

Bien moins polluants que les véhicules thermiques (130 g/CO2/km) et moins bruyants, les véhicules électriques représentent un marché très prometteur face aux enjeux du développement durable. Mais est-ce la seule raison ?

Même s’ils font l’objet d’un certain nombre de critiques liées notamment à leur autonomie, le coût et le réseau d’infrastructures de recharge peu développé à ce jour, les véhicules électriques ont le potentiel de devenir un élément clé de la mobilité. En effet, au-delà d’être un produit innovant, les véhicules électriques favorisent la création de nouvelles solutions répondant aux enjeux de la mobilité de demain. Le concept de la mobilité électrique émerge et se structure pour s’adapter aux besoins des utilisateurs, notamment en milieu urbain.

Un marché mondial des véhicules électriques en forte expansion

Les enjeux liés au développement durable, la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole, d’importants progrès technologiques réalisés en matière de batteries, une évolution progressive de la législation concernant les émissions de CO2, et, notamment en France, un soutien politique fort (développement du cadre réglementaire, subventions aux collectivités pilotes et aux consommateurs) sont autant de facteurs qui favorisent l’arrivée des véhicules électriques sur le marché.

La stratégie des constructeurs automobiles reflète cette tendance. En effet, avec un engagement plus ou moins fort, l’ensemble des constructeurs investit dans le développement et la commercialisation des véhicules électriques, et ce dans plusieurs segments : petites citadines, voitures utilitaires et véhicules lourds. Plus de 35 modèles seront ainsi disponibles sur le marché en 2012. Selon les chiffres du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, à horizon 2025, les véhicules décarbonés devraient représenter 27% du marché européen.

Les collectivités locales jouent également un rôle important dans l’accompagnement de l’arrivée des véhicules électriques sur le marché. En effet, avec la signature en avril 2010 de la charte nationale pour le déploiement d’infrastructures publiques de recharge, 13 collectivités se sont engagées à accompagner le développement du véhicule électrique. Les premiers projets pilotes voient ainsi le jour à Strasbourg, Angoulême, Bordeaux, Rennes ou encore à la CREA (Communauté de l’Agglomération Rouen Elbeuf Austreberthe).

Le véhicule électrique est le vecteur de la mobilité de demain

Les statistiques montrent que 85 % des Français roulent moins de 20 kilomètres par jour. De plus, près de 50 % des trajets en voiture effectués en ville couvrent moins de 6 kilomètres. Ainsi, l’autonomie des véhicules électriques (sans présager des progrès à venir) est largement suffisante pour couvrir ces besoins.

Le véhicule électrique n’est pas la solution unique de la mobilité respectueuse de l’environnement. Néanmoins il est de plus en plus au cœur des stratégies multimodales visant à développer la mobilité plus propre et durable, et ce notamment en milieu urbain.

Les entreprises privées et les collectivités locales choisissent le véhicule électrique non seulement parce qu’il est adapté aux caractéristiques de la mobilité urbaine et permet de réduire les émissions de CO2, mais aussi parce qu’il favorise l’émergence d’offres innovantes en matière de mobilité.

C’est notamment grâce au véhicule électrique que les offres de co-voiturage et d’auto-partage grand public se généralisent. Développé au cours des années 2000-2010, le marché actuel français d’auto-partage est estimé à près de 25 000 membres et 1000 voitures partagées. Parmi les villes ayant opté pour la solution d’auto-partage, on peut notamment citer la Rochelle (Yélomobile), Nice (AutoBleue), Paris (Autolib‘ Paris), Antibes et Rueil Malmaison (CitéVu). D’autres collectivités, dont la CREA, envisagent également cette solution pour décongestionner les centres villes.

Même si le marché français d’auto-partage est moins développé comparé aux autres pays européens (tels que Royaume-Uni, Allemagne, Suisse), certains analystes considèrent qu’il pourrait être multiplié par 6 à horizon 2015.

Certaines collectivités vont encore plus loin dans la recherche de solutions innovantes en matière de mobilité électrique. Le Grand Lyon,comme la région Bretagne, lancent par exemple des projets expérimentaux visant à mutualiser une flotte de véhicules électriques entre les entreprises d’une zone d’activité. Cette offre innovante d’auto-partage inter-entreprises répond à de vrais enjeux des collectivités en matière de congestion urbaine et apporte une nouvelle offre de service aux entreprises et leurs employés dans leurs déplacements quotidiens.

Le véhicule électrique n’a pas pour ambition de remplacer la voiture thermique sur les trajets longue distance. Néanmoins, ce modèle « propre » a le mérite de participer à la mutation de la mobilité urbaine et durable. Même les utilitaires électriques y contribuent en s’affirmant en tant que meilleure solution pour ladistribution du dernier kilomètre.

La mobilité urbaine de demain sera résolument électrique !

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29/09/2011 : Résilience du modèle énergétique allemand

Dans un article très documenté, ACTU ENVIRONNEMENT présente une comparaison très intéressante des modèles énergétiques allemands et français.

Lisez l’article sur  le site actu-environnement

“Résilience du modèle énergétique allemand

La revue Global Chance, en partenariat avec l’IDDRI, consacre son dernier numéro à une comparaison de l’énergie entre France et Allemagne : la première mise sur l’abondance de l’offre électro-nucléaire, la seconde sur la maîtrise de la demande. Deux cultures et deux systèmes.

Il y a dix fois plus de chauffe-eau solaires en Allemagne qu’en France, même sur la côte d’Azur !“, ironise Benjamin Dessus, co-auteur de la dernière livraison de Global Chance. Depuis 2000, l’Allemagne a engagé le tournant de sa politique énergétique, centrée sur l’efficacité et les renouvelables. Elle s’est dotée d’objectifs ambitieux : porter la part des énergies renouvelables à 35% de l’électricité en 2020, et améliorer de 10% son efficacité énergétique entre 2008 et 2020. Deux éléments principaux l’y incitent : son orientation vers la sortie du nucléaire, et ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre. L’Allemagne, pays où l’activité industrielle est supérieure à la France et 1,3 fois plus peuplé depuis 1991, date de la réunification, affiche des émissions de gaz à effet de serre supérieures à celles de la France en valeur absolue et par habitant, du fait de son industrie.

Emission de GES en baisse

Cependant, il faut noter que la tendance est à la diminution des émissions en Allemagne, malgré l’intégration de l’Allemagne de l’Est et le choix de la sortie du nucléaire. Le charbon est un facteur important dans les émissions allemandes (40% en 2009), mais elles ont diminué de 35% entre 1991 et 2009. De même pour les émissions de CO2 issues du pétrole, qui ont été réduites de façon plus importante en Allemagne (22%) qu’en France (9%) entre 1991 et 2009. L’Allemagne a par ailleurs engagé une vaste politique de réduction des émissions de méthane (CH4) du secteur des ordures ménagères : les émissions allemandes de CH4, supérieures de 40% aux émissions françaises en 1991, leur sont inférieures de 27% en 2007. Le biogaz est également plus développé en Allemagne qu’en France.

Ancrées dans les territoires, les énergies renouvelables sont un facteur de sécurité énergétique : malgré une production hydraulique beaucoup plus faible que celle de la France, l’Allemagne la dépasse largement en produisant 108 TWh, contre 76 TWh pour la France. Si elle parvient à mener à terme ses orientations énergétiques, l’Allemagne aura réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 40% en 2020, de 55% en 2030 et de 70% en 2040 par rapport à 1990, en partie grâce à la montée en puissance des renouvelables, portées à 65% de la production électrique en 2040. Charbon et gaz seront progressivement effacés du bouquet énergétique allemand sans recours au nucléaire.

Cette politique ambitieuse a été favorisée par une réforme fiscale écologique, engagée dès 1999 par le gouvernement fédéral allemand, selon trois objectifs : encourager les économies d’énergie, promouvoir le développement des énergies renouvelables et créer des emplois. Cette réforme agit sur le coût de l’énergie en augmentant progressivement la fiscalité sur l’électricité et les énergies fossiles afin d’en réduire l’utilisation. L’impact sur la facture finale des ménages s’élève à +11% pour l’électricité et +6% pour l’essence. Cette réforme a marqué un décrochage des politiques française et allemande au tournant des années 2000 en matière de prix de l’énergie. En 2008, le prix de l’électricité était sensiblement inférieur à la moyenne européenne en France, et sensiblement supérieur en Allemagne. Cette réforme semble avoir joué un grand rôle dans la stabilisation de la consommation d’électricité en Allemagne à partir de 1999. Double dividende : elle a aussi servi au paiement des retraites. A contrario, la consommation d’électricité continue de croître en France.

De façon générale, l’Allemagne présente des sources de production d’énergie plus diversifiées. Bien que dépendant actuellement à 44% du charbon, la production d’électricité de l’Allemagne est plus équilibrée, avec 23% de nucléaire, 13% de gaz et 18% de renouvelables. Selon les auteurs de Global Chance, la France est dans une posture plus fragile du point de vue de sa sécurité énergétique. Pour deux raisons principales : sa consommation énergétique finale de produits pétroliers par habitant est plus élevée qu’en Allemagne, et sa production d’électricité dépend à 76% de l’énergie nucléaire. La France est donc vulnérable aux fluctuations du prix de la matière première uranium, dont la part dans le coût du kWh ne représente pour le moment qu’entre 5 et 10%. L’entrée en fonctionnement des deux EPR français pèsera sur le prix du kWh, de même que le coût du démantèlement des centrales et la gestion des déchets nucléaires : la France cumule 9 fois plus de déchets de faible et moyenne activité à vie longue et 4 fois plus de déchets à haute activité par habitant que l’Allemagne.

L’Allemagne exporte son électricité vers la France

Effet collatéral du tout-électrique : des consommations de pointe causées par le chauffage électrique et des importations ponctuellement importantes et coûteuses. Contrairement à une idée reçue, le solde des échanges d’électricité entre France et Allemagne est négatif : la France importe plus d’électricité d’Allemagne qu’elle n’en exporte, selon le rapport d’activité de 2009 de RTE (gestionnaire du réseau de transport d’électricité français). Le solde de ses échanges avec la Grande-Bretagne et la Belgique est également devenu négatif entre 2008 et 2009. En cause, le développement du chauffage électrique en France, qui, lors des hivers rigoureux, sollicite de forts appels de puissance.

C’est dans les secteurs résidentiel et tertiaire que les différences sont les plus nettes. Dans ces deux secteurs, la consommation d’électricité s’est pratiquement stabilisée en Allemagne depuis 2002, alors qu’elle a augmenté régulièrement en France de 1991 à 2009. La consommation d’énergie finale par logement et par m2 serait inférieure de 23% en Allemagne par rapport à la France, en données corrigées du climat (à conditions climatiques égales). C’est pour le chauffage que l’enquête de Global Chance constate un écart très important : la France ayant développé considérablement le chauffage électrique, elle en consomme 65% de plus que l’Allemagne. Plus étonnant, on retrouve aussi une différence forte de niveau de consommation électrique associée aux appareils ménagers, l’éclairage, l’audiovisuel et l’informatique (+27% en France qu’en Allemagne) : les ménages allemands sont moins énergivores, et pourtant leur taux d’équipement n’a pas ralenti. La différence de consommation viendrait donc d’une meilleure efficacité des appareils outre-Rhin, grâce à un environnement fiscal précoce qui a su créer un signal-prix clair en faveur de l’efficacité énergétique. La diversité du tissu énergétique allemand s’avère donc constituer un terreau favorable à la révolution énergétique postnucléaire que l’accident de Fukushima a catalysée.

Agnès Sinaï

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21/09/2011 : Cahier des charges et formulaires de l’appel d’offre portant sur les projets supérieurs à 250 kWc

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